Quand une étiquette devient une carte au trésor

Prenez une bouteille Planteray. Regardez-la quelques secondes… puis observez-la vraiment.

Il y a souvent un détail qui peut échapper au premier regard : un animal. Caché dans une frise, sur un tampon discret près du degré d’alcool, intégré à une icône minuscule dans l’illustration. Parfois, il se révèle seulement à l’intérieur de l’étui.

Cet animal n’est jamais là par hasard.

Chez Planteray, les packagings sont conçus comme une manière de lire les grands terroirs du rhum. Une bouteille doit permettre de reconnaître son origine – Barbade, Jamaïque, Fidji ou encore Belize et son toucan – presque instinctivement, sans répéter les mêmes images.

L’idée n’est pas de créer une simple étiquette, mais un langage visuel. Les couleurs lumineuses, inspirées des paysages tropicaux, le raphia noué autour du col, la silhouette des bouteilles… Tout contribue à installer une sensation de voyage et d’exploration. Puis viennent les détails, ceux que l’on découvre en prenant le temps de regarder.

"J’aime penser nos packagings comme des boîtes de céréales”, s’amuse Alexandre Gabriel.

Puis il ajoute :

“Il y a d’abord le premier regard, celui du moment d’achat, quand la bouteille attire l’œil. Puis vient un second temps, plus intime : on s’assoit, on se sert un verre, on la regarde à nouveau, et l’on découvre encore autre chose. Un détail, un symbole, une histoire cachée. Un bon packaging doit continuer à se révéler.”

Des symboles discrets pour raconter un lieu

Chaque terroir possède son animal totem, parfois associé à une couleur, comme aux Fidji avec l’iguane et le bleu. Ces choix s’appuient toujours sur un lien concret avec le territoire, sa faune, son paysage ou son histoire. Chez Planteray, il ne s’agit pas d’inventer un imaginaire, mais de traduire visuellement un lieu réel. Ces signes ne s’imposent pas toujours au premier plan. 

Sur certaines bouteilles de Barbade, par exemple, le pélican – associé à l’île – peut se glisser dans les motifs ou apparaître en miniature près d’un détail de l’étiquette. 

Ce choix n’a rien d’anodin : il s’ancre dans une histoire bien réelle. Longtemps emblématique de l’île, le pélican y est aujourd’hui plus rare. Pourtant, c’est bien ce même oiseau que l’on voyait voler au-dessus de la distillerie et que l’on pouvait observer depuis le bureau d’Andrew Hassell, celui que l’on pense être l’un des derniers de l’île… C’est aussi pour lui rendre hommage que Planteray en a fait l’un des symboles de la Barbade sur ses bouteilles. 

"En concevant les packagings Planteray, nous nous sommes presque reconvertis en naturalistes. Chaque terroir nous a amenés à mieux comprendre sa faune, sa flore, ses espèces endémiques. Pour imaginer une étiquette juste, il faut d’abord comprendre l’écosystème qui l’a vue naître". - Pierre, Responsable Packaging et Création

Certaines collections jouent d’ailleurs avec cette idée. Sur Under the Sea, par exemple, l’animal emblématique peut se révéler à l’intérieur de l’étui, accompagné de son nom et de son lien avec le territoire. Observer la bouteille devient presque un jeu.

Une nature ancrée dans le terroir

Les paysages représentés sur les packagings ne sont pas imaginaires. Les plantes, fleurs et animaux illustrés sont choisis pour leur lien réel avec les lieux qu’ils évoquent. 

La végétation constitue ainsi une seconde lecture des étiquettes. Sur certaines références de Barbade, on peut reconnaître la Pride of Barbados, fleur emblématique de l’île. En Jamaïque, autour du colibri de Xaymaca et de la couleur rouge, apparaissent des motifs inspirés de l’hibiscus.

Même lorsque les scènes deviennent plus narratives, l’intention reste la même : évoquer un environnement réel et identifiable.

La gamme Terra Vera pousse cette logique plus loin en intégrant aussi des espèces très présentes localement – singes, serpents ou ratons laveurs – qui participent à raconter ces paysages.

Des scènes à explorer

Sur l’étui de Planteray XO 20th anniversary, l’illustration évoque un secret de la Barbade. On y distingue un alambic emblématique, le Old Gregg, datant de 1850, mais également les fûts, rappelant le double vieillissement, signature ancestrale de la Maison. L’illustration devient invitation : celle d’un lieu caché que l’on découvre en l’admirant ou en sirotant un verre…

Le voyage jusque dans la matière

Le récit se poursuit jusque dans la matière. Le raphia qui entoure chaque bouteille rappelle une réalité historique. À une époque où les bouteilles voyageaient librement, se frôlant et s’entrechoquant au rythme des routes, il fallait veiller sur elles. Pour éviter la casse, un système simple et ingénieux a alors été imaginé, afin de les préserver tout au long du voyage.

En faisant perdurer cet usage, Planteray remet au goût du jour un geste directement lié à l’histoire du rhum. Récolté à Madagascar puis tissé à la main, ce raphia fait aujourd’hui vivre tout un village et est devenu un symbole fort, unique et immédiatement identifiable de la marque. Un article plus complet lui est d’ailleurs consacré, pour approfondir son histoire, sa fabrication et ce savoir-faire. 

On peut simplement saisir la bouteille… ou prendre le temps de l’explorer, comme une carte remplie de signes et de détails. Et parfois, en regardant un peu plus attentivement, on découvre qu’une simple étiquette peut déjà raconter tout un voyage.

Ce premier épisode n’était qu’une invitation à regarder autrement les étiquettes de Maison Ferrand. Très bientôt, cap sur l’univers de Citadelle, premier gin de France.