👉 Écoutez le premier épisode sur Spotify
Là où le cuivre garde la mémoire des gestes
Tout commence par un son sourd et régulier : celui du marteau sur le cuivre. Un geste ancien, toujours présent dans la fabrication des alambics chez Ferrand.
Chaque alambic est façonné à la main, comme autrefois, dans un travail précis entre matière et savoir-faire. Le cuivre se tend, se marque – non pas comme une imperfection, mais comme la trace d’un travail maîtrisé. Ces reliefs accrochent la lumière et témoignent du passage de la main humaine.
C’est cette logique que Ferrand a choisi de transposer dans le verre. Ce relief n’est pas un simple clin d’œil esthétique, il rend hommage à une technique traditionnelle du XIXe siècle, celle du martelage manuel des alambics. Chez Ferrand, cette mémoire du cuivre ne relève pas du seul héritage mais elle se prolonge au quotidien grâce à un savoir-faire entretenu en interne par Gaylord, notre chaudronnier, et ses équipes, qui restaurent eux-mêmes nos alambics.
Ce lien intime avec l’outil explique aussi pourquoi les alambics occupent une place si particulière à Bonbonnet, Alexandre Gabriel en collectionne depuis des années, et ceux que l’on aperçoit au détour du château ne sont qu’un aperçu d’un ensemble bien plus vaste, dont plusieurs pièces ont déjà retrouvé vie entre nos mains.

Une bouteille comme un écho à l’alambic
Sur les épaules et le col des nouvelles bouteilles – notamment sur les cuvées Ambré ou 1840 – le relief prolonge visuellement l’univers des alambics. Le verre capte la lumière avec subtilité et affirme une identité singulière. Ce jeu de texture donne à la bouteille une présence sobre, mais immédiatement reconnaissable. Le bouchon prolonge cette approche. Inspiré du chêne, il évoque un matériau fondamental chez Ferrand : celui du fût, indispensable au vieillissement du cognac et à la construction de son identité aromatique. Cette relation au bois dépasse d’ailleurs le simple élevage. Elle se traduit aussi par un savoir-faire entretenu en interne, notamment à travers la restauration des fûts et le redouéllage, ainsi que par un travail mené main dans la main avec des tonneliers locaux. Le bouchon devient ainsi plus qu’un détail de design : il fait écho à une matière vivante, au cœur du quotidien de la Maison.
Ici, le packaging ne cherche pas à en faire trop. Il s’inscrit dans une continuité.

Dix générations, une seule ligne
Au Manoir de Mademoiselle, l’histoire ne se limite pas aux archives. Elle se lit dans les lieux, dans les objets, dans ce qui a été conservé.
La cuvée 10 Générations en est une expression claire. Une vigne y prend forme, portée par ses racines qui deviennent visages : ceux d’Élie Ferrand et de sa lignée.
Les racines deviennent des traits. Les traits deviennent des visages. Les visages deviennent mémoire.
Plus qu’un symbole généalogique, c’est une manière de rappeler que le cognac s’inscrit dans une transmission continue, entre héritage et évolution. Un détail que l’on découvre presque comme un jeu : saurez-vous retrouver les 10 visages cachés dans le packaging ?

Objets habités, détails révélés
Certains éléments du packaging trouvent leur origine dans des objets réels du Manoir. Le bouchon de la Sélection des Anges, par exemple, s’inspire pommeau de la canne d’Élie Ferrand. Scanné puis retravaillé, il crée un lien concret entre passé et présent.
Le nom lui-même – “Sélection des Anges” – fait référence à ce que le temps laisse derrière lui dans le chai : ce qui reste après l’évaporation. Chaque motif – vigne, bois, anges – s’inscrit dans cette continuité. Rien n’est ajouté sans raison.
Même le cheval du logo vient de l’histoire du domaine, où concours hippiques organisés par mademoiselle elle même cavalière et élevage faisaient partie du quotidien.

Toucher la matière
Prendre une bouteille Ferrand en main, c’est aussi une expérience tactile. Le verre accroche légèrement la paume, les reliefs se ressentent, le bouchon offre une prise naturelle.
Ces détails peuvent sembler discrets, mais ils participent à l’ensemble. Ils rappellent que derrière chaque choix, il y a un geste, une intention, et une volonté de rester fidèle à un savoir-faire.
Au fond, le cognac commence aussi là : dans ces traces laissées par le travail de la matière, et dans le choix de les préserver.
Cette attention portée à la matière ne s’arrête pas au verre ni au bouchon. Elle se prolonge jusque dans les étiquettes, travaillées elles aussi dans une logique de relief et de geste. Le papier, souvent texturé, est ensuite transformé par différents procédés comme l’embossage, le gaufrage ou le marquage à chaud, qui viennent créer de la profondeur plutôt que simplement ajouter de l’encre. Derrière ces effets, le laiton joue un rôle central : il sert à fabriquer les matrices utilisées pour presser, chauffer et marquer le papier.
L’étiquette n’est donc pas uniquement imprimée, elle est physiquement travaillée, dans une continuité directe avec les autres éléments du packaging.
Chez Ferrand, rien n’est laissé au hasard : le packaging devient lui aussi porteur d’histoire. Et ce dialogue entre matière, savoir-faire et identité se poursuivra bientôt dans un prochain article, cette fois autour de l’univers de Citadelle, premier gin craft du monde et premier gin français créé en 1996.


Conversations