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À bord de la Barge 166, le premier chai flottant au monde, les fûts vieillissent au rythme de la Seine, bercés par le mouvement de l'eau. Amarrée aux portes de Paris, cette péniche de 1948 entièrement restaurée accueille aujourd'hui plus de 1000 fûts en vieillissement.

Un cadre unique, qui implique aussi un travail très physique : au quotidien, nos équipes peuvent être amenées à déplacer, soulever et positionner plusieurs tonnes de fûts. Des gestes essentiels au travail dans le chai, mais particulièrement exigeants pour le corps, notamment pour le dos.

Et chez Ferrand, comme vous le savez, on aime faire les choses à notre manière. Alors, quand il s'agit de prendre soin de nos équipes et de leur faciliter le quotidien, on n'hésite pas à sortir des sentiers battus. Même si cela implique de leur donner des airs de super-héros !

Partir du terrain

Pour aller plus loin, nous avons fait appel à German Bionic, spécialiste des exosquelettes actifs destinés aux professionnels.

Avant d'adopter les exosquelettes, nos équipes des chais les ont directement testés en conditions réelles, sur la Barge 166. L'idée était simple : voir ce que l'équipement apportait vraiment dans les gestes du quotidien, tester son confort, son efficacité et vérifier qu'il s'adaptait bien aux contraintes du travail autour des fûts.

Après cette phase d'essai, les équipes concernées ont été formées à leur utilisation afin d'apprendre à les régler, à les manipuler correctement et à les intégrer naturellement dans leur quotidien.

Soulager, pas remplacer

Un exosquelette peut facilement évoquer une image futuriste. Dans la réalité, son rôle est beaucoup plus simple : accompagner le mouvement.

Le modèle utilisé chez Maison Ferrand est un exosquelette "actif". Deux moteurs alimentés par batterie et pilotés par un logiciel basé sur l'intelligence artificielle assistent l'utilisateur lorsqu'il se penche, se redresse ou dépose des charges. Selon German Bionic, le système peut compenser des efforts équivalents à une charge allant jusqu'à 38 kg au niveau du bas du dos.

L'image utilisée par les équipes de German Bionic est celle du vélo électrique : le cycliste continue de pédaler, mais le moteur vient l'aider lorsque l'effort augmente. Avec l'exosquelette, le principe est similaire. Le collaborateur reste maître de son geste ; la machine vient simplement l'accompagner.

"L'exosquelette ne remplace pas l'être humain. C'est une assistance. L'objectif est d'aider le collaborateur, de contribuer à sa sécurité et de réduire la fatigue liée aux gestes répétitifs et au port de charges." - Brice Mauvieux, Responsable Commercial France, German Bionic

Lorsqu'un fût doit être soulevé, l'assistance intervient au moment de la remontée. Lorsqu'il faut le déposer, le système peut également retenir une partie de l'effort et accompagner la descente. Une assistance à la marche peut enfin être utilisée lorsque les équipes doivent évoluer sur une pente ou remonter un ponton. L'objectif n'est donc pas de permettre de porter davantage. Au contraire : il s'agit de réduire la contrainte physique liée à des charges qui font déjà partie du quotidien.

S'adapter aux personnes

L'un des enjeux était aussi de pouvoir utiliser un même équipement sur différents profils. L'exosquelette n'est donc pas attribué à une seule personne. Chaque Ferrand dispose de réglages propres et d'une partie textile adaptée à sa morphologie. Un profil individuel permet également au système de retrouver automatiquement les paramètres correspondant à chaque personne.

L'équipement embarque par ailleurs un système capable d'apprendre les mouvements et les habitudes de travail de l'utilisateur afin d'adapter progressivement son assistance. Une technologie commune, donc, mais une utilisation individualisée !

Mieux comprendre les contraintes du travail

Au-delà de l'assistance physique, les essais permettent aussi d'observer les gestes réalisés sur le terrain. La plateforme associée aux exosquelettes peut notamment mesurer le nombre de flexions ou de torsions et estimer l'effort compensé pendant une session. Ces informations peuvent ensuite être utilisées par les équipes HSE (Hygiène, Sécurité, Environnement) ou par des ergonomes pour mieux comprendre un poste de travail et identifier d'éventuelles pistes d'amélioration.

Sur la Barge 166, l'utilisation de l'exosquelette s'est construite progressivement, avec des tests sur le terrain, des ajustements avec les équipes et une mise en place là où il apporte une aide concrète au quotidien.

Une innovation discrète, au service de ceux qui font le geste !