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Pourquoi le nom Citadelle ?
Alexandre Gabriel aime rappeler que le nom de "Citadelle" s’est imposé à lui avec une force particulière.
Pour lui, Citadelle est d’abord né d’un désir d’exploration. Celui d’aller chercher là où les autres ne regardent pas forcément. Celui de remonter le fil de l’histoire, de comprendre les origines d’un spiritueux avant d’en imaginer l’avenir.
Formé dans le Cognac, entouré de savoir-faire transmis depuis plusieurs siècles, Alexandre Gabriel découvre dans le gin un territoire presque oublié. Non pas le gin industriel, standardisé, parfois dur ou agressif, mais un grand spiritueux de caractère, distillé lentement à partir de véritables botaniques, dans de petits alambics en cuivre, comme on le faisait autrefois.
À l’époque, la plupart des gins avaient perdu ce lien originel. Cette filiation avec le genièvre, avec les plantes, avec la matière première et la distillation lente semblait s’être effacée. Pourtant, dans le Sud-Ouest, sur les hauteurs autour de Cognac, les genévriers étaient toujours là. Ces baies de genièvre, utilisées bien avant l’arrivée massive des grandes épices venues d’ailleurs, portaient en elles une mémoire très ancienne.
C’est en partant de cette intuition qu’Alexandre Gabriel se plonge dans les archives. Beaucoup associent spontanément le gin au Royaume-Uni. Mais l’histoire du gin remonte plus loin, jusqu’au genever, lui-même issu du genièvre. En poursuivant ses recherches, il découvre que les ancêtres du gin sont nés dans les Flandres, un territoire qui, au XVIᵉ siècle, recouvrait des zones aujourd’hui françaises, belges et néerlandaises.
C’est dans ces archives françaises des Flandres qu’il retrouve la trace d’un producteur de genièvre enregistré en 1776. Ce producteur était installé dans une citadelle, à Dunkerque. Pour Alexandre Gabriel, cette découverte a tout d’un signe.
Le mot résonne d’autant plus fortement que, dans le Sud-Ouest, les paysages sont eux aussi marqués par les citadelles. Elles incarnent à la fois la terre et la mer. La terre, avec les baies de genièvre et les botaniques profondes, puissantes, enracinées. La mer, avec les épices et agrumes venus d’ailleurs : la muscade, la cardamome, les zestes de citron, le yuzu, et tant d’autres encore.
Le nom “Citadelle” résumait donc parfaitement la vision du produit. Un gin enraciné dans son territoire, mais ouvert sur le monde. Un spiritueux construit sur un équilibre entre profondeur locale et souffle d’exotisme, entre structure et finesse.
Il existait même, à Cognac et dans le Sud-Ouest, il y a environ cent vingt ans, un journal local appelé La Citadelle. Là encore, le mot semblait appartenir à cet imaginaire commun. Le nom était là, comme une évidence.
"Citadelle exprimait parfaitement cet équilibre entre enracinement et ouverture, entre profondeur locale et souffle d’exotisme, entre structure et finesse. Ce nom avait tant de sens pour nous que nous l’avons choisi tout de suite." - Alexandre Gabriel, fondateur et maître distillateur de Citadelle Gin

La renaissance d’un grand spiritueux
"Avec le recul, je considère Citadelle comme le premier gin de cette renaissance. Une renaissance du gin gastronomique, du gin de matière et de méthode. Un gin qui a rouvert la porte à une vraie aromatique, à de vraies notes, à de vrais goûts naturels. Ce n’est pas simplement un gin de plus, mais la volonté de redonner à ce spiritueux son âme, sa complexité, sa noblesse et son enracinement." - Alexandre Gabriel
À la naissance de Citadelle, en 1996, la catégorie du gin artisanal n’existait presque pas. Le gin était largement perçu comme un spiritueux de grande consommation, souvent standardisé, parfois même considéré comme appartenant au passé. Certains producteurs allaient jusqu’à dire à Alexandre Gabriel que le gin était terminé.
Mais lui sentait qu’il y avait autre chose à faire. Il voyait dans le gin un spiritueux capable de porter un message fort dans une bouteille. Un spiritueux de style, de caractère, de personnalité. Un produit qui pouvait retrouver son âme, sa complexité et sa noblesse.
L’outil était là : les alambics charentais utilisés l’hiver pour la distillation du Cognac. Leur distillation lente, leur col de cygne relativement bas et leur capacité à extraire certaines huiles essentielles permettaient d’imaginer un gin intense, expressif et élégant, sans agressivité.
Mais le chemin ne fut pas simple. Au départ, les douanes expliquèrent qu’il n’était pas possible d’utiliser ces alambics pour produire autre chose que du Cognac. Alexandre Gabriel ne trouvait pourtant aucune loi l’interdisant clairement. Il fallut alors discuter, chercher, convaincre, et trouver une voie possible avec l’administration. Cela prit presque cinq ans.
Cette attente aurait pu freiner le projet. Elle permit au contraire d’aller beaucoup plus loin. Maison Ferrand eut le temps de multiplier les recherches, les essais, les ajustements et les expérimentations. L’objectif était clair : trouver une méthode capable d’extraire le meilleur de chaque ingrédient. Car un grand gin ne repose pas uniquement sur le genièvre. Il se construit dans l’équilibre entre toutes ses botaniques, dans leur ordre, leur intensité, leur infusion et leur distillation.
Ce travail mena même au développement d’un brevet pour la fabrication de Citadelle. Une rareté dans l’histoire du gin, qui compte très peu de brevets en plusieurs siècles de production.
Citadelle Gin fut donc lancé en 1996 avec une conviction forte : celle d’avoir créé un grand gin. Mais le marché, lui, n’était pas encore prêt.
Les débuts furent difficiles. Le produit ne décollait pas immédiatement. À une époque où le gin artisanal n’était pas encore une catégorie reconnue, il fallait expliquer, convaincre, faire goûter, défendre l’idée même qu’un gin puisse être un spiritueux de dégustation, de gastronomie et de plaisir.
Maison Ferrand présenta Citadelle dans de nombreux concours. Peu à peu, les récompenses arrivèrent. Les jurys furent surpris par ce gin français, à la fois aromatique, précis et élégant. Cette reconnaissance donna de la crédibilité au projet, mais le succès commercial restait encore à construire.
Un premier tournant vint d’Espagne en 1998. Ferran Adrià, chef visionnaire du restaurant El Bulli, l’un des plus grands noms de la gastronomie mondiale, expliqua à la télévision qu’un Gin & Tonic bien préparé, avec les bons ingrédients et le bon verre, pouvait devenir un véritable acte gastronomique. Il utilisa alors Citadelle Gin à l’écran.
Ce moment fut essentiel. En Espagne, Ferran Adrià était une figure majeure. Son approche fit évoluer le regard porté sur le Gin & Tonic. Le drink quittait peu à peu l’univers du simple long drink pour entrer dans celui de la gastronomie. Le verre ballon, le choix du tonic, la qualité du gin, les garnishes et le service devenaient des éléments à part entière de l’expérience.

Citadelle se retrouva ainsi au cœur d’un mouvement naissant : celui du gin gastronomique
Un autre tournant eut lieu aux États-Unis. Après une dégustation avec un grand critique spiritueux du New York Times, Citadelle fit l’objet d’un article remarqué. Pour une marque encore jeune, dans une catégorie que beaucoup jugeaient dépassée, cette visibilité fut considérable. Elle permit d’ouvrir de nouvelles portes, notamment auprès de distributeurs jusque-là hésitants.
Petit à petit, Citadelle s’imposa comme l’un des pionniers de cette renaissance. Non pas parce que la marque avait simplement lancé un gin de plus, mais parce qu’elle défendait une autre vision de la catégorie : un gin de matière, de méthode, de distillation lente et de complexité aromatique.
Entre 1996 et 2015, Citadelle traversa donc plusieurs vies. D’abord celle d’un pari presque incompris. Puis celle d’un gin récompensé, mais encore confidentiel. Ensuite celle d’un spiritueux reconnu par la gastronomie et par les grands marchés internationaux. Enfin, celle d’une marque installée au cœur du renouveau mondial du gin.
Cette période fut aussi celle d’une évolution esthétique. Au lancement, Citadelle portait une première bouteille sérigraphiée, pensée pour exprimer ce lien entre la terre et la mer. Puis vint une bouteille plus allongée, rappelant presque une bouteille de siphon. Enfin, la marque adopta la bouteille française symbolique que l’on connaît aujourd’hui, inspirée d’anciennes bouteilles que l’on retrouve sur les marchés d’antiquités, souvent bleues, avec un bouchon en étain.

Avec le recul, Citadelle apparaît comme l’un des premiers gins de cette renaissance contemporaine. Une renaissance du gin gastronomique, du gin de goût, du gin pensé comme un grand spiritueux et non comme une simple base de cocktail.
“Ce n’était pas forcément une grande vision au départ. C’était surtout l’envie de faire les choses jusqu’au bout. De regarder ailleurs. De creuser dans l’histoire de spiritueux très expressifs et pleins de caractère.” - Alexandre Gabriel
Ce passage marque l’aboutissement d’un long périple commencé près de vingt ans plus tôt. De l’intuition initiale à la reconnaissance internationale, des archives des Flandres aux alambics charentais, de Cognac à l’Espagne gastronomique puis aux États-Unis, Citadelle Gin s’est construit pas à pas, avec patience, conviction et exigence.
C’est ainsi que Citadelle a été imaginé. Et c’est ainsi qu’il est né : comme un rêve devenu réalité, mais aussi comme une invitation à redonner au gin toute sa profondeur, son histoire et son avenir.

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